Intervention à Molières-Cavaillac | Mon village rêvé CM1/CM2

par | 30 Jan 2018 | Pédagogie, SENSIBILISE

« Mon village rêvé »

avec Emma Izquierdo


Thématiques : Représentation spatiale (se repérer, faire la carte mentale d’un parcours ) / Les représentations en architecture (croquis, plan, coupe…) / Analyse du village et évolution / Architectures utopiques / Fabrication de maquettes
Matières associées : Histoire / Géographie / Arts Plastiques / Géométrie / Français
Objectif des séances : Le projet «Mon village rêvé» a pour objectif en prenant appui sur le centre ancien du village de Molières – existant et vécu – d’imaginer comment celui-ci pourrait évoluer. La sensibilisation à l’environnement proche passe par l’observation in situ et un travail d’analyse des éléments constitutifs du village en ce qui concerne les espaces bâtis ou non bâtis. Suite à cet état des lieux, les enfants portent une réflexion sur l’évolution du village en expérimentant un travail d’invention et de projection d’un «village rêvé» : leur vision singulière de l’évolution possible de Molières dans le futur.

Séance 1 : parcours dans Le village
Cette première séance a débuté avec un temps de présentation : qui suis-je (mon parcours) et pourquoi suis-je là (objectifs des 5 séances). Un tour de classe a été effectué pour que chaque élève se présente.
«L’architecture, c’est quoi pour vous?», cette question a été le départ d’une discussion ouverte pour essayer de définir l’architecture et ce que faisait un architecte. J’ai ensuite expliqué le déroulement des 3 heures que nous allons passer ensemble : dans un premier temps un parcours dans le village va être effectué avec des pauses autour de l’architecture et dans un deuxième temps, un moment de restitution en classe. Avant de partir dans le village, j’ai insisté sur le fait de «bien être attentifs à ce que vous voyez, de bien observer, les espaces bâtis, non-bâtis, les monuments, les formes, la lumière, les ambiances, etc».

Parcours dans le centre-ancien de Molières

Le parcours a été ponctué de petits arrêts :
– des comparaisons entre hier et aujourd’hui à partir de photographies anciennes permettent de se rendre compte de l’évolution des lieux. Confrontation avec l’existant: qu’est-ce qui a changé ou n’a pas changé?
– une lecture de paysage avec le dessin en 4 temps. Cet outil permet d’apprendre à observer un paysage ou un bâtiment dans un temps imparti, d’en faire ressortir l’essentiel : comment je construis mon dessin, et de fait, la manière dont j’observe?
– et un dessin in situ de la façade de l’ancienne filature : comment dessiner ce que je vois? Quel cadrage je choisis? Comment réussir à le faire «rentrer» sur ma feuille? Les enfants se lancent souvent sans prendre le temps de réfléchir à la taille de leur dessin… et manquent rapidement de place. Faire un dessin d’observation permet de se poser et d’apprendre à regarder en ce concentrant sur un élément en particulier – ici une façade – : quelles en sont ses proportions? quels détails je vois?

De retour en classe, chaque élève prend une feuille blanche pour faire la restitution du parcours effectué. D’abord, prendre un temps personnel d’introspection pour se souvenir par où l’on est passé? qu’est-ce qui a été vu? qu’est-ce j’ai remarqué? de quoi je me souviens? Et puis essayer de le retranscrire par le dessin. Au début, les enfants semblent hésitants, disent ne pas y arriver. Mais les crayons finissent par se délier. Le travail de la carte mentale paraît difficile mais est extrêmement intéressant pour la remémoration des espaces traversés, l’émergence des représentations qui diffèrent suivant les personnes. Quelques élèves présentent leur dessin : l’une s’est attachée aux ambiances, l’autre a représenté le groupe d’élèves à travers le village, l’un a tracé un parcours linéaire avec 2 écoles, tandis qu’un autre n’a représenté que les monuments. Pour terminer, nous observons ensemble une projection du cadastre et les enfants essaient de retrouver le chemin effectué. Je laisse à l’institutrice des éléments concernant les représentations cartographiques à l’échelle de la commune et du territoire proche (cadastre, carte IGN, photographie aérienne), que j’avais prévues d’aborder s’il restait du temps en fin de séance.

Séance 2 : dans mon village, s’il y avait… 1/2

Les différentes représentations en architecture
Après un rappel de ce que nous avons fait lors de la première séance (parcours, cartographie), l’après-midi débute par la présentation et l’explication, sous forme de projection, des différentes représentations utilisées en architecture : croquis, plan, coupe, façades, maquette. Ce moment d’échanges permet de répondre aux questions des enfants, de leur expliquer ces différentes représentations abstraites et de leur donner des clés de lectures des dessins en architecture. Un petit questionnaire de synthèse est distribué à la fin de la présentation pour leur permettre d’assimiler ce nouveau vocabulaire et ces codes de représentations. Même si durant les échanges, il m’avait semblé que les enfants comprenaient bien les différentes représentations, il n’a pas été facile pour la plupart d’entre eux de retrouver le mot correspondant à l’image.

Dans mon village, il y a …
Ensuite, je leur demande d’inventorier ce qu’il y a dans leur village. Les enfants citent un bâtiment ou un lieu: l’église, le temple, la fontaine, l’ancienne filature, le monument aux morts, l’école, le lavoir, la place de l’église, le terrain de pétanque, le portique, la place de la filature, le parc de jeux, la place de la Mairie, le parking des lavandes,… Tout ce qui a été cité est public ou d’usage public. Il en ressort deux grandes «familles» : le bâti et les espaces non bâtis.
Dans mon village, s’il y avait …
Dans un deuxième temps, après avoir formé des binômes, je leur demande de réfléchir à quel bâtiment ou espace ils aimeraient avoir dans leur village, ce qu’ils imagineraient dans le futur (le centre ancien de Molières s’avèrent être un bon terrain de rêverie, il n’y a plus beaucoup de services et encore moins de commerces). Chaque groupe énonce son idée : une cabane publique, une halle de jeux, une piscine et un spa, un laboratoire scientifique sur la préhistoire et les dinosaures, une boulangerie-pâtisserie, un skate-parc, une animalerie, un hôtel sur les nuages, une cascade à l’entrée du village, une tour d’observation pour regarder le paysage et remonter le temps, un monument à la vie. Il y a donc 11 propositions pour Molières dans le futur! Avant de commencer à dessiner, je leur montre un petit diaporama d’images d’architectures utopiques ou insolites, avec parfois des réalisations concrètes pour leur permettre d’ouvrir le monde des possibles et de l’imaginaire. Ceci les fait réagir et nous permet de discuter sur leurs impressions de ces architectures parfois improbables. Ensuite, toujours par binôme, les enfants commencent à dessiner leur bâtiment ou leur espace imaginé.

 

Séance 3 : dans mon village, s’il y avait… 2/2

Dans mon village, s’il y avait… (suite)
Les élèves continuent leur dessin. Certains ont fait un plan, d’autre une façade. J’essaie de leur faire dessiner les 2 représentations pour pouvoir faciliter l’étape suivante de la mise en volume. Ils doivent aussi trouver un titre à leur projet et écrire un petit texte de présentation (dans lequel ils peuvent préciser les matériaux utilisés, la fonction, l’organisation des espaces,etc.) A partir d’une photographie aérienne, chaque groupe indique l’implantation de son projet, en collant une gommette sur l’image. Lorsque tous les groupes sont prêts, ils passent à tour de rôle devant la classe pour présenter leur projet : avec leur dessins à l’appui et le petit texte de présentation. Début de la réalisation des maquettes Après la présentations de leur projet, il s’agit de mettre en place la fabrication des maquettes. J’essaie d’expliquer la notion d’échelle, pour établir des proportions communes à l’ensemble des groupes, ce qui va permettre d’harmoniser les constructions. Mais, ce n’est pas évident car les enfants se réfèrent à leur dessin et mesurent directement dessus… Néanmoins, chaque binôme commence à réfléchir à sa maquette, et il se pose rapidement la question de la mise en volume : certains enfants ne voient pas comment faire pour réaliser ce qu’ils ont dessiné. Avec l’institutrice, nous passons d’un groupe à l’autre pour les accompagner au mieux dans cet étape de début de réalisation : le passage de la 2D à la 3D.

Séance 4&5 : le village prend forme

Tout d’abord, au vu de la séance 3, il fallait trouver une solution concernant l’échelle des bâtiments afin qu’il y ait une cohérence entre toutes les maquettes pour la mise en commun sur la maquette de site finale.
Deux languettes de papier de tailles différentes (une grande et une plus petite) sont distribuées à chaque groupe pour pouvoir dessiner un adulte et un enfant. Une fois les dessins réalisés, les élèves doivent adapter leur maquette à ces personnages. Cela leur permet de réfléchir concrètement à la dimension des ouvertures, des étages, etc…

Chaque groupe découpe, façonne son volume, créer des ouvertures, réfléchit à comment faire telle forme, se questionne sur la stabilité de sa construction. Les bâtiments imaginés commencent à prendre forme. Les enfants rajoutent de la couleur, des détails, collent des matières. Finalisation des maquettes et assemblage de la maquette finale (séance 5) La dernière séance permet aux groupes de finaliser leur maquette et, pour ceux qui ont déjà terminé, de participer à l’élaboration du socle de la maquette commune. Puis, à tour de rôle, chaque binôme vient avec son bâtiment et le place sur le socle, qui se remplit au fur et à mesure de toutes les maquettes colorées. En parallèle, des enfants fabriquent de la végétation (arbres, buissons), du bâti existant (l’église, le temple, l’ancienne filature et quelques maison), les routes ainsi que des personnages qui vont ensuite être placés sur la maquette commune.

Et après?
Une fois terminée, la maquette du village rêvé est ensuite amenée dans la salle des fêtes de la Mairie (ancienne filature) pour être exposée, accompagnée des panneaux de présentation. Les enfants ont présenté leur travail lors des différents goûters de fin d’année devant les aînés, les conseillers municipaux, leurs parents.

par Emma Izquierdo, architecte